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Nom du blog :
batailledelahardt
Description du blog :
Ce blog est consacré à la bataille de la Hardt qui s'est déroulée du 28 novembre au 4 décembre 1944.
Catégorie :
Blog Loisirs
Date de création :
05.04.2007
Dernière mise à jour :
05.04.2007
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SITUATION

Posté le 05.04.2007 par batailledelahardt
La Hardt est une forêt de plaine caractérisée par une certaine sécheresse (600 mm de pluie par an dans la partie nord). Elle s'étend de Kembs jusqu'à Colmar entre l'Ill et le Rhin, sur l'ancien cône de déjection glaciaire du Rhin.

C'est la seconde forêt d'Alsace avec ses 13.000 hectares, derrière la forêt de Haguenau. Propriété de l'État, elle est recensée comme zone de protection spéciale Natura 2000. Elle constitue non seulement la plus grande charmaie naturelle d'Europe, mais abrite également des pelouses steppiques très rares en Europe occidentale.

Le champ de bataille s’établit à l’est de Mulhouse, plus précisément entre le pont du Bouc, sur le canal de Huningue, et les points d’appui français de Grünhutte et de la cote 232. Les combats se sont déroulés sur les communes de Hombourg, Ottmarsheim, Rixheim et Sausheim.



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UNE BATAILLE OUBLIEE

Posté le 05.04.2007 par Association rhin et sundgau
UNE BATAILLE OUBLIEE : LES COMBATS DE LA HARDT
28 NOVEMBRE - 4 DECEMBRE 1944

La Libération du sud de l’Alsace a été l’œuvre de la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny. Cette campagne débute le 19 novembre 1944 lorsque des unités de la 1ère Division Blindée et de la 9ème Division d’Infanterie Coloniale abordent notre département devant Seppois le Bas et ne prend fin que le 9 février 1945 après la destruction du pont de Chalampé. En bien des endroits, par un temps exécrable, les combats sont durs, mettant à rude épreuve hommes et matériel. Il est une bataille qui se déroula aux portes de Rixheim dont bien peu de livres d’histoire font mention. Elle fut pourtant l’une des plus sanglantes de cette période. En voici l’histoire.

La bataille de la Hardt débute le 28 novembre 1944 à 10 h 00. L’attaque est confiée au 1er Régiment de Tirailleurs Marocains appuyé par des unités de chars, d’artillerie et du génie de la 1ère DB. L’objectif fixé par le général de Lattre vise, par un mouvement tournant à travers la forêt, à prendre à revers la ligne de défense que les Allemands organisent au nord de Mulhouse afin de la rompre et de poursuivre l’offensive en direction d’Ensisheim, de Colmar et du Rhin.

Au soir de cette journée les unités françaises occupent la partie sud et ouest du canal de Huningue. Une tête de pont est établie au nord du canal à Pont du Bouc. Le général Wiese, commandant la 19ème Armée allemande est convaincu que l’attaque française a pour objectif de s’emparer du pont de Chalampé, sa principale voie d’approvisionnement sur le Rhin. Il considère donc cette tête de pont comme une menace grave qu’il faut réduire par tous les moyens disponibles. Dans la nuit du 28 au 29 novembre avec les unités dont il dispose dans le secteur, il lance une contre attaque qui repousse les Français au sud du canal.

Le 29 novembre, les tirailleurs marocains repartent à l’assaut du Pont du Bouc qu’ils réussissent à franchir en fin de matinée. Cette fois, une solide tête de pont est établie. Elle résiste aux tirs d’artillerie et aux assauts allemands qui, dans la nuit, tentent de déloger les Français de leur position.

Dans la journée du 30 novembre deux colonnes de fantassins appuyés par les Sherman du 5e Régiment de Chasseurs d’Afrique conquièrent et occupent les points d’appui de la cote 232 et de Grunhutte. En fin d’après-midi, alors que la nuit s’apprête à tomber, une colonne du 2e escadron appuyée par la compagnie Puig du 1er Bataillon de Zouaves Portés, progresse en direction de la lisière ouest de la Hardt. A hauteur du carrefour menant au Radbrunnen, le char de tête, le Soissons, est touché, ses cinq occupants tués. Toute avance étant bloquée, dans l’obscurité, le capitaine de Pazzis ordonne le repli. Le lendemain une seconde tentative connaît le même échec. Un autre char, le Rochefort, du peloton du lieutenant Jean-Claude Servan-Schreiber, est détruit. A la cote 232, les tentatives de progression vers la lisière ouest de la forêt se soldent également par des échecs. En effet, les Allemands bloquent tous les layons, empêchant toute manœuvre des Français par la puissance de feu de leurs chars bien supérieure à celle des Sherman. Par ailleurs, la 7e compagnie du 1er RTM partant de Pont du Bouc et devant rejoindre le point d’appui de la cote 232 surprend une unité ennemie qui a dépassé les positions allemandes. Après un bref accrochage l’unité de la Wehrmacht se replie en désordre, laissant plusieurs cadavres sur le terrain ainsi que deux canons automoteurs de 88 en flammes. Cet incident va révéler la faiblesse du dispositif français dans la Hardt. Les voies de liaisons ne pas sécurisées. Le commandement français choisit alors « de se maintenir sur les positions acquises et de les consolider ». Cette attitude défensive va permettre aux Allemands de monter une contre attaque massive.

Elle débute le 3 décembre à 5 h 00 du matin par un intense pilonnage d’artillerie d’une demi-heure sur le point d’appui de Pont du Bouc. En moins d’une heure les Allemands s’en rendent maître. Vers 7 h 30, un intense tir de barrage de l’artillerie française, qui frappe soldats amis et ennemis, écrase le secteur nord du Pont du Bouc. Une heure plus tard, les Tirailleurs de la 2e Cie appuyé par des blindés, contre attaque à partir de Rixheim afin d’empêcher les Allemands de prendre pied au sud du canal. Vers 10 h 00 les points d’appui maintenant encerclés de Grunhutte et de la cote 232, sont également attaqués. En début d’après midi, ordre est donné de décrocher et de franchir le canal, coûte que coûte. Sous un déluge de fer et de feu, constamment harcelé par l’ennemi, au prix de lourdes pertes, les unités françaises rejoignent Pont du Bouc vers 18 h 30 et franchissent le canal. Les derniers blindés passent le pont de péniches vers 23 h 10. Les combats auront durée plus de 18 heures ! Plus de 20 000 obus sont tirés ce jour-là dans ce secteur de la forêt de la Hardt

Les pertes sont terribles. Le 1er RTM déplore 790 hommes hors de combats, dont 162 morts, 279 disparus et 349 blessés. En 6 jours de combats, ce régiment perd autant d’hommes que pendant les 5 mois de la campagne d’Italie de 1943/44. Deux compagnies entières sont décimées. Le 21ème Régiment d’Infanterie Coloniale perd une compagnie dans la fournaise du 3 décembre. Les unités de la 1ère DB engagées dans la Hardt subissent également des pertes importantes en hommes et en matériel. Pendant de longues semaines encore, la ligne de front passera aux portes de Rixheim, à l’Île Napoléon et le long du canal de Huningue.

Sanglant échec pour la 1ère Armée française, cette bataille fut vite oubliée sauf dans la mémoire de ceux, militaires et quelques civils, qui la vécurent.

LA PERENNISATION DE LA MEMOIRE DES COMBATS DE LA HARDT ET SA TRANSMISSION AUX NOUVELLES GENERATIONS PAR L’ASSOCIATION « RHIN ET SUNDGAU – MEMOIRE DES COMBATS DE LA LIBERATION PAR LA 1ERE ARMEE FRANÇAISE».

L’esprit et les objectifs de l’Association :

• redonner lisibilité, compréhension, existence et…vérité historique aux combats de la Forêt de la Hardt, du 28 novembre au 4 décembre 1944,
• rendre à ces combats, certes courts, mais injustement oubliés, leur place et leur rôle, majeurs, dans les étapes essentielles de la Libération dans le sud de l’Alsace,
• rendre hommage à la 1ère Armée Française à ses hommes et à ses chefs,
• redonner toute leur place aux combattants et notamment aux soldats du 1er Régiment de Tirailleurs Marocains,
• permettre aux habitants du secteur des combats de la Hardt et plus globalement aux habitants de l’Alsace du Sud de mieux connaître leur propre histoire récente, de porter témoignage et de transmettre une information de qualité vers les nouvelles générations, dans un travail de mémoire validé.

Les « gestes de mémoire » déjà mis en œuvre :

• En 1994, un monument fut, à l’initiative de l’Amicale de la 1ère DB, érigé à la Grünhutte.
Un premier article consacré aux combats de la Hardt a été publié en avril 2000, dans le bulletin de la Société d’Histoire d’Eschentzwiller par Roger Kippert.
Benoît Meyer, attaché de conservation du patrimoine de la ville de Rixheim et Président de la Société d’Histoire locale, consacre aux combats de la Hardt un article détaillé, étayé par d’importantes recherches en archives, dans le bulletin de son association paru en novembre 2004, à l’occasion du 60ème anniversaire de la Libération.
• En 2004, également, une plaque commémorative fut posée, à l’initiative de la ville de Rixheim au Pont du Bouc.
• Décembre 2006 : Jacques Gouvier, ancien du 5ème RCA de la 1ère Division Blindée, écrivain, publie et présente à Rixheim, après cinq ans de recherches le premier ouvrage jamais consacré aux Tirailleurs Marocains et à leur sacrifice dans les combats de la Hardt.
• Janvier 2007 : Pascal Chauvy, directeur général des services de la mairie de Rixheim, passionné d’histoire militaire et Benoît Meyer s’investissent dans la naissance et l’organisation de l’association « Rhin et Sundgau – Mémoire des combats de la Libération par la 1ère Armée Française».
• Février 2007 : une assemblée générale constitutive donne naissance officiellement à l’Association « Rhin et Sundgau – Mémoire des combats de la Libération par la 1ère armée française».

Les projets prioritaires :

• réaliser, avec une collecte de fonds publics et privés en France, en Allemagne et au Maroc, un « monument » commémoratif au Pont du Bouc et à la cote 232,
• recueillir par le son et l’image les témoignages et les souvenirs des survivants français, marocains et allemands des combats de la Hardt et « enrichir » ainsi la banque des données historiques liées à la Libération de l’Alsace et en particulier entre Rhin et poche de Mulhouse,

Les projets secondaires :

• structurer l’Association en lien avec les organismes aujourd’hui consacrés à l’histoire de l’Alsace et à la mémoire : Office National des Anciens Combattants, Amicale des Anciens de la 1ère DB et du 1er RTM, Souvenir Français, Fondation Maréchal de Lattre, Rhin et Danube, Trirhena, ainsi qu’au Maroc et en Allemagne auprès des organismes équivalents et de tous les anciens combattants acteurs des combats de la Hardt,
• mobiliser les collectivités locales et territoriales autour de ce « chantier » de mémoire : villes et communautés de communes, Conseil Général du Haut-Rhin, Conseil Régional d’Alsace,
• sensibiliser les réseaux pédagogiques (écoles, collèges, lycées) et les associer à la réalisation d’outils de transmission et de mémoire, d’information, de formation et de communication,
• réaliser un document vidéo à l’intention des publics scolaires, avec le concours de l’Education nationale et notamment du Rectorat et du Centre Régional de Documentation Pédagogique (CRDP),
• réaliser dans la forêt de la Hardt un parcours didactique et de mémoire, appuyé, nourri et illustré par les témoignages des acteurs des combats (avec mise à contribution de documents de l’INA, de l’Etablissement Cinématographique des Armées, etc),
• réaliser un site internet dédié aux combats de la Hardt, puissamment illustré par l’ensemble des documents iconographiques recueillis, notamment par Benoît Meyer et Jacques Gouvier,
• réunir une fois par an, anciens des combats de la Hardt et jeunes publics d’Alsace du Sud, pour des « ateliers de la mémoire » autour des combats de la libération de l’Alsace.

Contact 03 89 64 59 24 et rhinetsundgau@free.fr
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